Fiche Démocraties 1929-1939 [08/10/08]
Les démocraties libérales (1929-1939)
La crise de 29 va générer diverses réactions des démocraties, mais un peu partout l’Etat intervient et invente ce qu’on va appeler "l’état-providence".
I. AUX ÉTATS-UNIS.
> La crise continue en raison de la politique du « laisser-faire » du président Hoover. A peine élu, (1933) Roosevelt et son « brain trust » mettent en place les mesures du New Deal (Nouvelle donne), avec un caractère économique dirigiste :
* politique de grands travaux (vallée du Tennessee),
* mesures financières (Banking Act = spécialisation des banques), dévaluation du dollar,
* industrielles (NIRA = National Industrial Recovery Act), accords entre producteurs pour limiter la concurrence,
* agricoles (AAA = Agricutural Adjustement Act), aides à l’agriculture,
* mesures sociales :baisse du temps de travail, salaire minimal, assurance contre la vieillesse et le chômage (1935) pour les ouvriers,
* permettent le rétablissement de l'économie en 1940.
> Ils rencontrent des oppositions : c’est une entorse à tous les principes du libéralisme à l’anglo-saxonne.
> La politique extérieure des Etats-Unis devient neutraliste et isolationniste. Cette politique s'atténuera après 1937.
II. EN GRANDE-BRETAGNE
> La crise économique, combattue par la déflation, déclenche une crise politique ; elle aboutit en 1931 à l'élection d'un gouvernement soutenu par les conservateurs et les libéraux.
> Le pays renonce à l'étalon-or et au libre-échange en 1932. Il favorise la concentration industrielle, pratique un crédit à bon marché, reconstruit son agriculture.
> En 1939, l'amélioration économique est réelle ; l'empire colonial se défait peu à peu malgré l'établissement d'un système de " préférence impériale ".
> NB : En 1921, l'Irlande est partagée en deux : le Nord (ULSTER) reste attaché à la Grande-Bretagne, le Sud (EIRE) forme l'Etat libre d'Irlande (EIRE, reconnu en 1937).
III. EN FRANCE
> La France d’après guerre se relève assez rapidement : cependant, la stabilisation du franc en 1928 (franc Poincaré = 20% de sa valeur en 1913) va casser la prospérité en ruinant les petits épargnants.
> La crise touche la France en dernier parmi les pays capitalistes, car son faible marché intérieur oblige à l’exportation : la crise industrielle n’interviendra qu’après la réalisation des commandes extérieures . Elle provoque une crise politique (aucune majorité solide) et morale ; la politique déflationniste (baisse des salaires, réduction des dépenses publiques et du crédit) est catastrophique pour l’économie nationale et la population. ( cf. manifestation du 6 février 1934).
>>> Les partis de gauche s'unissent dans un programme électoral de Front populaire ; ils sont élus en mai 1936.
> Léon Blum fait face aux grèves, met en place des réformes (accords de Matignon) : les salaires augmentent, le droit syndical est reconnu, les conventions collectives se négocient (semaine de 40h et 15 jours de congé payés) ; les industries de l’armement sont nationalisées ; L’Office du blé est mis en place ; ces mesures déplaisent au patronat qui parle de " ministère de la paresse" >>> 1937 :Blum démissionne.
> En 1938, Daladier dresse un «code de la famille», remet la France au travail et s'intéresse surtout aux problèmes de politique extérieure : il ne pourra pas s’opposer à Hitler et se laissera imposer les "accords de Munich", qui sonnent le glas de la paix en Europe puis dans le monde.
Conclusion : La crise économique de 1929 affaiblit les démocraties, alors que les moyens mis en œuvre par les dictatures pour lutter contre elle vont pousser au surarmement.