La France sous l'Occupation (1) [12/11/08]
LA FRANCE SOUS L’OCCUPATION
CHRONOLOGIE
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1940
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10 mai
16 juin
18 juin
22 juin
10 juillet
3/4 octobre
24 octobre
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Offensive allemande
Démission du gouvernement Paul Reynaud ð Pétain président du Conseil
Appel du général De Gaulle
Signature de l'armistice à Rethondes
Le Parlement vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain
Lois anti-sémites. Laval, vice-président du Conseil
Pétain rencontre Hitler à Montoire |
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1941 |
Juin
*** |
Entrée en guerre de l'URSS ð les communistes entrent dans la résistance. Premières représailles (Chateaubriand)
Flandrin, puis Darlan remplacent Laval, évincé
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1942 |
Juillet
Novembre
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Rafle du Vel'Hiv (zone Nord) Jean Moulin rassemble les différents mouvements de la Résistance
Les Allemands envahissent la zone non-occupée - Sabordage de la Flotte Les Alliés débarquent en Afrique du Nord |
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1943 |
Février
Mai
Juin
Juillet |
Création du STO ð les jeunes gagnent les maquis
Jean Moulin préside le premier Conseil National de la Résistance (CNR)
De Gaulle à Alger constitue le Comité français de Libération nationale
Les Alliés libèrent la Tunisie et entrent en Italie
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LE DÉSASTRE
juin 1940 : le gouvernement Reynaud, replié à Bordeaux, démissionne ; la situation militaire est dramatique aux dires de l'état-major qui refuse cependant de capituler : décision qui n'engage que les militaires et permettrait de poursuivre les combats sur d'autres fronts – solution envisagée avec les Anglais et en cours de négociations.. Ils préconisent au contraire, de demander l'armistice – décision prise par le gouvernement qui reconnaît par là même sa défaite.
Il ne s'agit pas que d'une affaire de mots... L'exode complique la retraite des troupes.
Le 22 juin 1940, l'armistice est signé par Pétain les conditions sont draconiennes :
➢ La France est coupée en 2 par la « ligne de démarcation », la zone Nord est occupée par les Allemands, la zone sud reste « libre », sous l'autorité administrative du maréchal Pétain...
➢ L'Alsace-Lorraine est annexée à l'Allemagne. Le Nord-pas-de-Calais est interdit et relève de Bruxelles.
➢ Les 2 millions de soldats français sont désarmés et envoyés en Allemagne comme prisonniers de guerre.
➢ Seuls 100 000 hommes sont prévus pour le maintien de l'ordre.
➢ La France doit d'énormes « frais d'occupation » en plus des « réquisitions »...
➢ Cependant, les colonies et la flotte restent françaises.
I) LA « RÉVOLUTION NATIONALE »
A) Vichy et la mise en place d'un nouveau régime
Sur pression allemande, s'installe un nouveau régime qui prend le nom « d'Etat français », capitale Vichy. En fait, un vassal de Berlin.
• 10 juillet 1940 : L'Assemblée nationale vote les plein pouvoirs à Pétain, y compris le pouvoir de rédiger une nouvelle constitution (par 545 oui et 80 non).
• 11-12 juillet 1940 : Pétain promulgue les « 4 actes constitutionnels » :
➢ qui font de lui le chef de « l'état français »
➢ qui ajournent le Parlement
➢ qui font de Laval son successeur...
A Vichy, se retrouvent tous les vaincus des combats politiques et syndicaux d'entre-deux guerres :monarchistes de l'Action française (Maurras), catholiques traditionalistes (Xavier Vallat), ex-communistes, ex-socialistes, ex-syndicalistes, déçus de la République...
2 . Une révolution de droite
Des mesures franchement réactionnaires... Au début, l'opinion publique est plutôt favorable : après l'exode et le départ des prisonniers pour l'Allemagne, un sauveur serait le bienvenu !
➢ Le « culte du Maréchal » s'établit : les enfants chantent « Maréchal nous voilà ! » dans les écoles et de nombreux « produits dérivés » comme on dit aujourd'hui, sont produits à l'effigie du maréchal...
➢ L'ordre moral :
✔ la doctrine : selon le maréchal, tout le mal vient de l'industrialisation de la France qui l'a éloignée des valeurs fondamentales, issues de la terre. Elle a été punie par Dieu pour « ses fautes originelles », à savoir les principes de la Révolution française. Il s'agit donc d'un retour aux sources avec une nouvelle société hiérarchisée et cléricale qui répond aux critères de « travail, famille, patrie ».
✔ les moyens :
* Mesures en faveur des familles : allocations aux vieux travailleurs ; allocations de salaire unique.
* Mise au pas de l'enseignement public : fermeture des Ecoles normales ; subventions à l'enseignement privé ; enseignement religieux dans les écoles publiques ; crucifix dans les classes.
* Mise au pas des collectivités territoriales : les maires sont nommés et les conseils généraux supprimés.
* Serment d'allégeance des hauts fonctionnaires.
* Dissolution des syndicats au profit de « corporations » (à la manière italienne ou allemande) et publication d'une « charte du travail ». Les partis politiques sont interdits.
* Exaltation du travail manuel et de la terre.
* Création d'organisations para-militaires : « Légion française des combattants » ; les jeunes sont embrigadés dans les « chantiers de jeunesse ».
➢ l'exclusion : le régime rejette « l'anti-France » constituée selon lui par :
* la franc-maçonnerie, interdite ;
* les juifs : les 3 et 4 octobre 40, est promulgué un « statut des juifs » qui les exclut de nombreuses professions et opère l'internement de nombreux juifs étrangers réfugiés en France. En 41, on crée successivement un « commissariat aux questions juives » et une « police des questions juives » ; les juifs font l'objet d'un recensement obligatoire (fichier juif). En mai 42, l'étoile jaune a été imposée par les Allemands dans la zone occupée aux juifs de plus de ...6 ans. Dans la zone sud, on se contente pour l'instant d'un tampon spécial sur la carte d'identité...A noter que les Allemands n'ont rien demandé sur ce plan précis.
* les communistes : depuis l'entrée en guerre de l'URSS, ils sont plutôt mal vus !
ðrecul du mythe de Pétain, sauveur de la France : dès 1941, les Français de zone libre déchantent :
* le ravitaillement est de plus en plus difficile ;
* la Résistance tente quelques actions isolées, contre des officiers allemands, d'où des représailles sur des otages pris au hasard.
ð durcissement du régime :
* on demande le fameux serment aux hauts fonctionnaires, magistrats, militaires de carrière.
* la police française prête main-forte pour traquer les « rebelles » ou « terroristes », après tractations entre Vichy ( Pétain, Darlan, Pucheu) et le Reich.
* on encourage vivement les Français à la délation, contre récompense.