Les relations internationales 1923-1939 [24/09/08]
LES RELATIONS INTERNATIONALES 1923-1939
Les traités qui ont mis fin à la Première guerre mondiale ont aussi apporté leur lot de mécontentements : il ne va pas être facile de "gagner la paix" selon le mot de Clémenceau !
LES 5 QUESTIONS QUI FACHENT
- 1-Le redécoupage de la carte d'Europe et l'explosion des grands empires va poser le problème des minorités, englobées dans de nouveaux états , sans qu'on se soit vraiment interrogé sur les conséquences : un peu partout, des minorités allemandes risquent d'être isolées.
- Les frontières sont plus ou moins bien acceptées : la Pologne , par exemple, se sent menacée par les exigences allemandes à propos de leur nouvelle frontière commune. Les Italiens contestent à propos des terres "irrédentes" qui leur échappent…
- La SDN est chargée de gérer certaines zones épineuses : la Sarre ou Danzig.
Þ Les conditions sont réunies pour une nouvelle flambée des nationalismes.
· 2-Les réparations : l'Allemagne, reconnue responsable de la guerre, doit des réparations aux pays qui ont subi des destructions ; elle n'est pas chaude pour payer ! D'abord , parce que sa situation économique n'est pas brillante, mais aussi parce l'opinion publique allemande refuse le "Diktat" du Traité qu'ils n'ont pas pu négocier eux-mêmes. Les Français, qui ont bien besoin de cet argent pour la reconstruction, sont intransigeants sur le sujet.
Par deux fois, les Américains vont intervenir en faveur des Allemands :
- en 1924, le "Plan Dawes" est censé permettre à l'Allemagne de se stabiliser économiquement ;
- en 1929, le "Plan Young" réduit la dette globale tout en la ré-échelonnant.
- En fait, la dette va se rétrécir comme peau de chagrin, si bien que les Français recevront en tout et pour tout 12% de la somme initialement prévue : de quoi être vexés ! Surtout avec la crise de 29 …
· 3-La question du désarmement : aux termes du traité de Versailles, l'Allemagne doit être désarmée ; les accords bilatéraux passés avec les Russes vont lui permettre de tricher un peu !
La commission sur le désarmement, installée conformément au traité, est bloquée par la mauvaise volonté des participants qui fera capoter la Conférence sur le Désarmement (1932). Il suffit d'ajouter la crise économique et l'arrivée d'Hitler au pouvoir pour qu'il ne soit plus du tout question de désarmer ! La mode est plutôt au réarmement…
· 4-L'équilibre diplomatique mondial est bouleversé : la France, et à un degré moindre, l'Angleterre, ne peuvent plus jouer le rôle dominant en Europe, même si leurs empires respectifs leur donnent encore du poids dans la vie internationale. La France, pour sa part, va chercher de nouvelles alliances à l'Est, en Tchécoslovaquie, par exemple, dans ces pays qui viennent d'émerger. Hitler s'intéresse vivement à ces marchés potentiels…
Les Etats-Unis n'ont pas joué le rôle qui leur avait été attribué lors du traité et que le président Wilson avait réclamé à cors et à cris ; en effet, le Congrès américain va refuser d'entériner sa signature, si bien que le principal garant de l'application des différentes clauses fait défaut !
· 5-La sécurité collective : les diplomates s'activent pour stabiliser l'Europe ; A.Briand (France), G.Stresemann (Allemagne) et N.Chamberlain (Grande-Bretagne) essaient de rapprocher les points de vue :
le pacte de Locarno en 1925 permet de rapprochement franco-allemand. "L'esprit de Genève" souffle ! (esprit pacifiste qui préside à la SDN). Il est à son apogée quand, en 1928, "le pacte Briand-Kellog", signé par 68 pays, met la guerre hors-la-loi !
Mais : - les Américains ne participent pas non plus à la SDN…
>>> la crise de 29 , le repli des pays sur eux-mêmes, la montée en puissance des fascismes en Europe aura raison des espoirs placés dans la SDN.
- il faut ajouter qu'aucun moyen pratique n'avait été attribué à la SDN pour assurer son rôle d'arbitrage ; de plus, la règle de l'unanimité lors des votes bloque toute action.