La crise de 1929 et ses conséquences (4) [01/10/08]

Publié le par Ph NAUDIN

 

 

IV - LES CONSEQUENCES

 


Elles vont être multiples et durables, provoquant un changement de paysage économique et politique, avec la naissance de l'Etat-Providence et l'accélération de la concentration (les grosses entreprises absorbent les petites).

 

1) le contrôle de l'Etat sur l'économie qui :

- stimule les investissements,

- fixe les prix.

- limite la production.

- dévalue les monnaies,

- pratique des politiques de déflation qui obtiennent des résultats inverses de ceux re­cherchés.

 

Tous les Etats agissent de même, ce qui limite les résultats. C'est une période de rodage pour les gouvernements qui ont dû se mettre à étudier l'économie, alors qu'auparavant, on gérait un Etat « en bon père de famille ».

NB: C'est en 1936 que l'économiste anglais KEYNES publie sa « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie» qui inspirera les gouvernants.

 

2- les problèmes monétaires ne sont pas réglés : en 1933, on aban­donne le système monétaire international, ce qui compromet le commerce. La dévaluation est utilisée comme arme commerciale, puisqu'elle favorise les exportations du pays qui dévalue.

 

* L'abandon de l'étalon-or en Grande-Bretagne (1931), aux USA (1933), ruine les Etats qui dépendent de ces deux banquiers : en effet, ils se retrouvent avec des devises dépréciées, et donc avec peu de moyens de paiement internationaux ; certains pays s'enferment dans une autarcie dangereuse : c'est le cas de 1'Allemagne d'Hitler.

 

* Le monde se cloisonne : les USA, la Grande-Bretagne et la France disposent à eux trois de 80% du stock d'or mondial, contrôlent les marchés coloniaux, disposent des matières premières et des sources d'énergie. Chacun va se constituer une zone monétaire (ex: la zone sterling pour la Grande-Bretagne). C'est une des raisons pour lesquelles 1'Allemagne, le Japon, l'Italie qui n'ont ni stock d'or, ni devises, ni empires coloniaux, vont se lancer dans une politique de conquêtes.

 

3- le commerce mondial est désorganisé :

 

* chaque pays protège son marché intérieur par des droits de douanes, sans respecter les accords de contingentement, et en pratiquant allègrement le dumping (vente à perte).

 

                                * certains pays se ferment ou commercent par troc, ce qui est une régres­sion absolue dans ce domaine.

                ex: l'Allemagne et le Brésil échangent café contre charbon.

 

4- le malaise s'accentue partout et favorise la montée des extrémismes.

 

* le malaise social s'amplifie - les inégalités sociales sont de plus en plus mal vécues ; la classe ouvrière et les paysans ont été les plus éprouvés, mais les classes moyennes ont, elles aussi, souf­fert (baisse des salaires pour les fonctionnaires, ruine des petits rentiers).

- l'hostilité s'exacerbe entre ruraux et citadins, entre chômeurs et travailleurs.

         Partout on cherche des « boucs-émissaires »: « les 200 familles », les Juifs, les étrangers...

 

* les idéologies fascistes prospèrent : les nazis en Allemagne, les « Croix de feu » en France répandent une propagande raciste, antisémite, antiparlementaire (ex: émeutes en 1934 contre la Chambre des députés à Paris) ; on doute du régime libéral et le capitalisme est remis en cause avec le machinisme et le «progrès ». Keynes préconise une meilleure répartition des revenus pour une rénovation du capitalisme industriel déjà vieux d'un siècle. .

 

*  les idées socialistes se répandent et seront à la base des « fronts populaires» français ou es­pagnol qui regrouperont les forces de gauche (socialistes, radicaux, communistes) dans des al­liances antifascistes aux élections de 1936.

 

CONCLUSION

 

La crise de 1929 est un événement majeur de 1'entre-deux-guerres, le moment où le monde qui avait cru se structurer pour la paix après la première guerre mondiale bascule dans un sys­tème qui conduira fatalement à la guerre ; des dictatures se créent un peu partout (Hitler en Alle­magne, Franco en Espagne, Mussolini en Italie, Antonescu en Roumanie, Horthy en Hongrie, Dollfuss en Autriche ...). Les antagonismes et les égoïsmes économiques vont faire renaître les menées nationalistes. Les problèmes sont mondiaux, les solutions sont « chacun pour soi »; la guerre sera pour tous...

 

La fin du XXème siècle a connu des crises beaucoup plus graves, mais selon un auteur « elles n’ont duré que

5 minutes, contre 5 ans pour celle de 29 » : l’informatique, entre-temps, était passée par là…

 

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