Fiche Italie Fasciste [08/10/08]
LE FASCISME ITALIEN
L’Italie est un état de création récente (1861) ; c’est une monarchie parlementaire dont les institutions sont encore fragiles quand le pays entre en guerre en 1915, aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne.
I. L'AVÈNEMENT DU FASCISME
1 - Les séquelles de la première guerre mondiale
a) L'Italie ne retire pas du traité de Versailles les avantages territoriaux qu'elle espérait ("terres irrédentes" : Trentin, Istrie, Trieste, Dalmatie, Fiume) d'où une rancœur qui se manifeste dans une vague de nationalisme.
b) La démobilisation multiplie le nombre de chômeurs. La lire perd un sixième de sa valeur et le coût de la vie se renchérit. Grèves et troubles agraires éclatent.
c) La monarchie parlementaire (roi Victor-Emmanuel III) reste impuissante ; les classes possédantes, industriels et grands propriétaires fonciers, se tournent donc vers un groupe qui veut rétablir l'ordre.
2 - Mussolini : le Duce
Mussolini, instituteur puis journaliste, est d’abord un pacifiste socialiste. En 14, il change d’optique : chef ambitieux, il regroupe en 1921 les mécontents dans son mouvement fasciste. Ses « chemises noires » multiplient les violences contre les forces de gauche. En 1922, après la "marche sur Rome", le roi charge Mussolini de former le gouvernement d’union nationale (sans les socialistes, ni les communistes). Pendant 2 ans, il va faire illusion…
Il. LA DICTATURE FASCISTE 1924-1943
1 - Le fascisme repose sur une doctrine simple : exaltation d’un nationalisme nostalgique d’un passé glorieux (l’empire romain), condamnation du marxisme, soumission aveugle au Duce (chef) incarnation de la nation (culte de la personnalité).
>>> la tentation de se tailler un empire colonial (Erythrée, Ethiopie).
2 - Mussolini interdit toute opposition. Les institutions restent en place, mais sont privées de réalité. Mussolini dispose de tous les pouvoirs dès 1924. L'État est totalitaire, policier et militariste. La jeunesse est encadrée dès la maternelle ! L’école, l’Université, la famille, le monde du travail sont étroitement embrigadés. Tous les moyens d'expression sont contrôlés : les médias servent à l’endoctrinement et à la glorification du régime.
NB : partis politiques et syndicats sont dissous et remplacés par le parti et le syndicat unique.
III. LES RÉALISATIONS DU RÉGIME FASCISTE.
1 - Par les accords du Latran (1929), l'État italien se réconcilie avec l'Église : depuis 1861 et la création de l’Etat italien, le Pape, qui avait perdu une bonne partie des Etats pontificaux, se considérait comme prisonnier au Vatican. Mussolini négocie pour se rallier les catholiques, c’est-à-dire la majorité des Italiens catholicisme = religion d’état, disparition du mariage civil et du divorce…
2 - La législation sociale est avancée pour rallier les ouvriers : système d’assurances sociales obligatoires ; réduction du temps de travail ; éradication du chômage ; mais les grèves et les syndicats sont interdits.
3 - Une politique de grands travaux est entreprise : autoroutes, gares, bonification des terres incultes, modernisation des villes, électrification des voies ferrées. Le but est de réduire les effets de la crise et résorber le chômage qui s’ensuit.
4 - L’économie est sous contrôle : l'Italie se ferme presque entièrement aux produits étrangers et s'efforce de vivre sur elle-même (autarcie) : production de matières 1eres et d’énergie italiennes, protectionnisme, développement de l’industrie d’armement.
Conclusion : le fascisme italien va servir de modèle au nazisme et à l’Etat français de Vichy.