La crise de 1929 et ses conséquences (1) [01/10/08]

Publié le par Ph NAUDIN

LA CRISE DE 1929

 

SITUATION:

 

Après la Première guerre mondiale, le retour à l'économie de paix ne va pas se faire sans heurts : de 1919 à 1929 plusieurs crises, brèves et limitées à certains pays ou à certains secteurs de l'économie, se sont succédées ; mais après une période de relative prospérité, la crise de 29 va marquer la conscience collective : en effet, elle se distingue par son ampleur, sa durée, son ex­tension, de tout ce qu'on avait connu jusqu'alors. Ses conséquences dramatiques vont briser les solidarités mondiales établies au lendemain de la guerre de 14. La dépression, en déchaînant les natio­nalismes économiques, entraîne le monde vers un nouveau conflit.

 

 

I - LES CAUSES DE LA CRISE

 

1)      l'augmentation de la production : les économistes connaissent bien ce phéno­mène d'alternance entre prospérité et crises qu'ils décrivent comme un phénomène cyclique dû au déséquilibre entre production et consommation. La crise de 1929 ne fait pas exception.


 

La guerre et les années qui l'ont suivie ont vu une augmentation rapide de la production mon­diale :


 

>      la productivité augmente pour reconstituer les potentiels économiques des pays touché

par la Première guerre mondiale. Elle est permise par de nouvelles techniques dues à la guer-re : électrification, motorisation ; une nouvelle organisation du travail prévaut avec la taylori­sation et la standardisation, venues d'Amérique. En conséquence, s'ouvre l'ère de la production de masse.


Exemple : aux USA la production industrielle augmente de 50% au cours des an­nées 20 ; le prix d'une auto est divisé par 2 entre 1913 et 1927.

>      De nouveaux secteurs se développent : bâtiment, travaux publics, automobile, in­dustries du pétrole et de l'électricité dont procèdent la chimie et la métallurgie.


 

mais           2) la consommation baisse : car, si l'offre est abondante. la demande ne suit pas :

  

>      les salaires n'augmentent pas assez vite pour absorber la production.

                  exemple: 1923-1929 : les bénéfices industriels augmente de 62% ; les salaires ouvriers n'augmentent que de 26%.


>      le machinisme a réduit la main d'oeuvre, donc le pouvoir d'achat global a baissé avec le

flot du chômage (USA : 2 millions de chômeurs en 1928).

>      de plus, certains secteurs sont en crise : charbon, textile, agriculture coloniale licencient.

>      le cas de l'agriculture est particulier : des pays neufs apparaissent sur les marchés mon­diaux avec la première Guerre mondiale (USA, Canada, Argentine, Australie, Nouvelle Zé­lande); après avoir ravitaillé l'Europe pendant le conflit, ils continuent à produire sur le même rythme ; donc les prix agricoles s'effondrent et les agriculteurs restreignent leur consommation, dans un monde encore largement agricole.

>      dernier élément : l'accroissement démographique se ralentit sur le plan mondial ; l'expansion coloniale est terminée, les marchés de la Russie communiste et de la Chine en guerre civile se ferment. En conséquence, les marchés se protègent par de forts droits de douane sur les importations et les entreprises s'entendent en cartels.

 


              >>> On a donc une crise de surproduction classique.

S’y ajoute une particularité américaine :

3)      la spéculation fait rage aux USA, mais par ricochet, le monde entier est touché.

 

>      Pour stimuler la consommation déficiente, les vendeurs accordent des crédits considé­rables que les Américains investissent dans des valeurs boursières au lieu d'acheter des biens de consommation ; ils revendent ensuite ces valeurs à la hausse en empochant les plus-values pour payer les crédits! Quand il y a plus-value…en réalité, ce sont plus souvent des pertes, qui viennent surendetter les particuliers.

 

NB : l'indice général des valeurs boursières industrielles progresse deux fois plus vite que ce­

lui de la production industrielle : c'est extrêmement dangereux!

Exemple : de 1921 à 1929, l'indice des valeurs boursières augmente de 600% alors que la production industrielle ne progresse que de 30%.

 

>      les ménages américains sont fortement endettés : 50% des appareils ménagers, 60% des autos, 75% des postes de radio sont achetés à crédit.

 

>      les capitaux se déplacent rapidement en fonction du taux d'intérêt le plus offrant ; c'est ainsi que les capitaux américains s'investissent de préférence en Allemagne à un taux élevé pour une reconstruction rapide.

 

Conclusion partielle : cette crise a les caractéristiques d'une crise classique auxquelles s'ajoutent les éléments d'un changement économique profond (la 2ème révolution industrielle) et d'une mutation des comportements vis-à-vis de l'argent (crédit).

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