LA GUERRE FROIDE IV (2) [21/01/09]

Publié le par Ph NAUDIN

II- LES REACTIONS OCCIDENTALES

 

1) la période Carter (démocrate) : un mandat pacifiste (1977-1981)

 

Président plein de bonne volonté et de bons sentiments, Carter va essayer de faire oublier aux Américains le cauchemar du Vietnam et leur redonner confiance dans la puissance US.

 

* la diplomatie américaine va remporter des  succès  importants:

dans le conflit du Moyen-Orient, la médiation américaine va permettre le traité de paix entre Israël et l'Egypte, connu sous le nom d"accords de Camp David" (résidence d'été des présidents des USA). cf la visite du Président égyptien Sadate à Jérusalem.

- les diplomates américains s'activent en Asie pour dresser des contre-feux à l'extension du communisme : la Chine est un partenaire discret, mais intéressant puisque fâché avec Moscou ; on suggère un rapprochement avec les Japonais (Traité de paix en 78), sur lesquels on peut compter. Les Chinois vont même jusqu'à armer les Cambodgiens contre les Vietnamiens, alliés des Soviétiques.

 

* "l’Irangate" viendra mettre un terme à ces succès

L'Iran de Khomeiny défie "le grand Satan américain" et prend en otages les fonctionnaires de l'ambassade US à Téhéran, au mépris de toutes les lois internationales (1980). Les Américains sont humiliés : après l'invasion de l'Afghanistan qui n'avait donné lieu à aucune réaction de la part de Washington le Président Carter est déconsidéré.

 

2) la période Reagan ( républicain) deux mandats musclés, (1980-1988)

 

* Reagan, au contraire de son prédécesseur, est pour la manière-forte: c'est le seul moyen de se faire respecter !

- en face des SS20, il installe des fusées Pershing et Cruise, au grand dam d'une partie de l'opinion publique européenne, qui n'est pas prête à servir de cible dans cette histoire (1983).

- plus fort ou plus fou, il lance l'idée de l’IDS (= "initiative de défense stratégique", ce qu'on appellera "la guerre des étoiles") dont le but est de placer dans l'espace un système de destruction des missiles adverses : l'équilibre de la terreur serait rompu en faveur des USA, mais à quel prix ? C'est cet argument qui fera capoter le projet : le Congrès, déjà aux prises avec un déficit budgétaire de taille, l'inflation et la chute du dollar, refusera les crédits nécessaires à la mise au point de l'IDS...

-"la politique du gros bâton " va faire pièce aux Russes en Amérique latine : partout où se développe une guérilla soutenue par Moscou, Reagan envoie armes, dollars et "conseillers" ; on ira même jusqu'à une démonstration de force en envoyant les "marines" sur la petite île de la Grenade, à titre d'avertissement (1984).

- dans le même ordre d'idée, on aide les Afghans à s'armer, via le Pakistan. Et on obtient la condamnation quasi unanime de l'intervention soviétique...

-  en Afrique, c'est encore plus facile : la situation économique est telle que "l'arme alimentaire" suffit à obtenir tout ce qu'on veut de ces pays affamés .

 

 

III –RETOUR AU CALME :  GLASNOST ET PERESTROIKA

 

1) changement de logique

 

* l'économie soviétique va de plus en plus mal ; les crédits militaires absorbent 15% du budget : c'est insoutenable pour n'importe quel pays moderne ; or les biens de consommation courante en sont à manquer : il faut donc rééquilibrer l'économie et faire appel aux technologies occidentales.

* nous avons vu que l'économie américaine ne pouvait plus suivre non plus la logique des militaires : la balance commerciale est en grave déficit et le dollar a perdu 40% de sa valeur ; il est impératif de changer de cap ! Le Congrès rogne les crédits à destination des Contras ( contre-révolutionnaires du Nicaragua pro-américains ). Le Proche-Orient est dans un tel chaos (assassinat de Sadate, guerre du Liban, implications de la Syrie et des intégristes musulmans...) qu'il semble nécessaire de prendre du recul.

 

2) L'embellie :

 

* on désarme ! (accords de Washington 87) : et on n'y va pas de main morte...

sont prévues: - dans un premier temps, l'option O, retrait ou destruction de toutes les forces nucléaires intermédiaires en Europe, tant américaines que russes.

 

- l'option 00 et 000 qui amèneront la disparition de tout l'armement nucléaire.

nb: quand et comment, c'est une autre affaire : les Russes n'avaient aucune technologie de dé-nucléarisation ; ils devront sous-traiter aux Français, leaders dans ce secteur. Qu'en est-il aujourd'hui ? aucune idée. . .

 

- dans la foulée, on négocie aussi la réduction des "armes conventionnelles" (chars, avions, bateaux etc... =  armement classique / nucléaire = stratégique), de même que l'interdiction des armes chimiques (Vienne ).

 

* des règlement de conflits se négocient un peu partout en même temps, à l'instigation des deux Grands qui y trouvent leur intérêt :

- les Russes se retirent d'Afghanistan (fin en 89) : le régime-frère se débrouillera tout seul ! Tout un symbole...Les Vietnamiens procèdent de même au Cambodge.

- la médiation de l'ONU met fin au conflit lran-Irak, après 8 ans d'une guerre particulièrement meurtrière ( 1980-88).

- au Nicaragua, en Namibie, en Angola... des accords de cessez-le-feu sont conclus et on négocie.

- au Proche-Orient, les choses avancent entre l'OLP de Yasser Arafat et l'Etat d'Israël : on renonce officiellement au terrorisme...

 

La volonté de paix des deux Grands, poussés par le réalisme économique a, en quelques années, mis fin à des conflits qui duraient depuis des lustres ...Quand nécessité fait loi !

Ce nouveau climat ne serait-il pas trop beau pour être vrai ? Que va-il advenir de la place de l'Union soviétique engagée dans des réformes  radicales qui mettent en jeu l'essence même du régime?

En 1989, à la chute du Mur de Berlin, personne et surtout pas l'historien, ne prendrait de pari sur l'avenir.

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