La Guerre Froide III (1) [14/01/09]

Publié le par Ph NAUDIN

 

LA GUERRE FROIDE (3)

LA DETENTE 1962-1975

 

NB : Selon les ouvrages et les historiens, les dates et les appellations de ces périodes d’après-guerre varient : ne vous laissez pas déconcerter pour autant ; il vous suffit de donner votre définition de la période en cause.

 

Quelques rappels

 

 

 l) les organisations :

 

                                                  OUEST                   /                         EST 

   

OTAN

militaire

Pacte de Varsovie

OCDE / CEE

économique

CAEM / COMECON

 

 

2 ) les hommes :

 

 

                        Kennedy (1961-63)

Khrouchtchev (1953 – 64)

Johnson  (1963 – 68)

                   Brejnev (1964 – 82)

Nixon    (1969 – 74)

 

Ford      (1974 – 76)

 

 

 

3 ) chronologie:

 

 

 

1957 : traité de Rome créant la CEE

1961 : construction du mur de Berlin

1962 : crise de Cuba

1963 : - "téléphone rouge" entre les 2 grands

           - traité de Moscou : interdiction partielle des essais nucléaires

      

CRISES

1963 :      rupture Chine / URSS

1966 :      la France se retire de l’Otan

1958-73 : guerre du Vietnam

1968 :      traité de non-prolifération des armes atomiques

                intervention soviétique à Prague

 

ACCORDS

1971 :     accord sur le statut de Berlin

               entrée à l’ONU de la Chine populaire

1972 :     voyage de Nixon en Chine

               accords Salt 1 sur la limitation des missiles nucléaires

               traité fondamental entre les 2 Allemagnes : consacre la séparation des 2 états

1973 :     accords de Paris mettant fin à la guerre du Vietnam

1975 :     accords d’Helsinki : inviolabilité des frontières ; collaboration économique et technique est/ouest ; libre circulation des biens et des personnes.

 

 

 

 

 

 

I)  POURQUOI LA DETENTE EN 1962 ?

 

3 raisons essentielles :

 

1) "l'équilibre de la terreur"

 

Il est sans cesse modifié par les modifications des données techniques du nucléaire :  

 

* on est passé de la bombe A (type Hiroshima) à la bombe H ( bombe à hydrogène, 1000 fois plus puissante que la précédente ); les atomistes travaillent désormais sur la bombe à neutrons. ( ou "bombe propre" qui détruit les êtres vivants, mais n'abîme pas le matériel…).

 

* le nombre des vecteurs. (" tout aéronef qui transporte une arme de type nucléaire") ne cesse d'augmenter, de même que leur portée et la miniaturisation des équipements électroniques indispensables à leur fonctionnement.

 

* d'autant plus qu'on a imaginé d'utilisé d'autres porteurs de têtes nucléaires :sous-marins à propulsion nucléaire, c’est-à-dire avec une autonomie de très longue durée et pratiquement indécelables où qu'ils se trouvent dans les océans : les Russes possèdent une flotte considérable, par rapport à celle de l'Ouest. De même, ils possèdent des fusées à têtes nucléaires (SS20) embarquées sur de gigantesques camions qui patrouillent du côté du "rideau de fer"...

On arrive donc à une augmentation du potentiel nucléaire global de part et d'autre : or il ne faut pas perdre de vue que cet effort technique qui engouffre des parts entières du budget des états a pour but de ne pas être utilisé ...

 

NB les succès spatiaux ( 1969 : Les Américains sont sur la Lune) changent aussi les données du problème.

 

2) L’intérêt, des 2 côtés, commande une pause

 

* l'intérêt économique d'abord :  - les Soviétiques connaissent des difficultés surtout dans le secteur agricole (besoin de céréales) ; d'autre part, ils sont très en retard dans le domaine de l'électronique et ont besoin de transfert de technologie.

- les Américains ont des difficultés monétaires : le dollar baisse et les réserves d'or sont si basses que la convertibilité sera abolie par Nixon en 1971. De plus la concurrence japonaise et européenne se fait sentir...

 

(NB : le dollar cesse de jouer le rôle qui lui avait été imparti à Bretton Woods en 44, désormais les monnaies du monde entier "flottent"; c’est la fin des "30 glorieuses")

 

      * les questions de politiques intérieures préoccupent les dirigeants :

- les Soviétiques ont affaire avec les débuts de la "dissidence" : les intellectuels commencent à manifester leur opposition au régime, malgré la surveillance et la répression dont ils font l'objet.

(ex : Soljenitsyne).

- les Américains ont à faire face aux violences raciales : malgré la législation que les démocrates se sont efforcé de mettre en place, le problème noir est loin d'être résolu.

 

* enfin, en politique extérieure , l'heure est aussi à la contestation dans chacun des blocs :

- l'URSS a consommé sa rupture avec Pékin et craint une alliance sino-américaine ; les ex-"frères communistes" en viendront même aux mains en 1969.

-           la contestation se développe en Europe de l'Est, d'autant que l'Ostpolitik initiée par le Chancelier Brandt (RFA) amène une normalisation des rapports entre les deux Allemagnes. Les PC des pays occidentaux se rebiffent devant les directives de Moscou et revendiquent leur autonomie de décisions ( 1972, en France "programme commun de la Gauche").

-           les Américains ont perdu de leur prestige dans la guerre du Vietnam ;

-           les pays d'Europe de l'Ouest, (bientôt regroupés dans "l'Europe de 10" en 1972), représentent une force économique et politique avec laquelle ils doivent maintenant compter : la France est la plus remuante ; dotée de l'arme nucléaire et d'une force de dissuasion, elle entend se défendre seule et le Général De Gaulle se retire des instances militaires de l'OTAN en 1966. De même, la France comme la RFA fait des ouvertures à l'Est ...

 

Les deux blocs se lézardent et le statu quo installé après la guerre a du mal à se maintenir, d'autant plus que de nouveaux venus viennent troubler le jeu...

 

3)    La montée du Tiers-monde

 

Elle vient perturber le tête-à-tête des 2 Grands.

 

Définition : l'expression a été utilisée pour la première fois par le démographe français Alfred Sauvy par allusion au Tiers-Etat de l'Ancien régime en France, qui constituait la classe sociale la plus nombreuse mais dénuée de tout pouvoir. Le Tiers-Monde est un ensemble de populations, rassemblant les 2/3 de l'humanité qui, après s'être affranchie du colonialisme des pays riches de l'hémisphère nord, restent dans une pauvreté difficilement surmontable

 

* politiquement, ces pays fraîchement décolonisés au lendemain de la guerre, se sont réunis dès 1955 à la Conférence de Bandoung pour affirmer leur solidarité et demander une coopération mondiale contre le sous-développement. Le communiqué final condamne nettement racisme et colonialisme et refuse la logique des deux blocs.

Ces pays nouvellement indépendants vont bientôt constituer les 3/4 des états adhérents à l'ONU, ce qui leur donne du poids sur le plan international

 

* économiquement, ils revendiquent un partage plus équitable des ressources et la création de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) va être un coup de semonce pour les économies des pays développés.

 

Le Tiers-Monde devient de ce fait un théâtre des affrontements est /ouest :

* sur le plan idéologique, l'URSS agit pour gagner des pays au marxisme-léninisme : cf. Cuba, une partie de l'Amérique centrale, l'Angola, le Vietnam sont en proie à des guérillas alimentées par les Russes, tandis que les Américains mettent en place des régimes à leur solde en Amérique latine...Il s'agit pour eux d'empêcher la contamination d'état à état, baptisée "théorie des dominos", surtout redoutée en Asie du sud-est.

* sur le plan stratégique, les USA contrôlent étroitement les routes du pétrole qui "mettent en jeu leurs intérêts vitaux".

* sur le plan économique, les pays de l'hémisphère nord courtisent les pays du sud riches en matières premières...

 

A un affrontement est / ouest s'ajoute un affrontement nord /sud :

 Certains pays, comme la France, qui joue décidément les trouble-fête, voient le danger politique d'un tel appauvrissement et proposent une alternative :

- La conférence des Nations-Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) se réunit pour la première fois en 1964, sans grands résultats

- l'Europe, dans le cadre de la CEE, va faire cavalier seul et signer en 1975 les Accords de Lomé qui organisent l'aide de la Communauté et met en place des mécanismes de stabilisation des cours de matières premières.

 

 

La réponse viendra des pays du Tiers-Monde : le mouvement des non-alignés :

-           A l'origine 25 états réunis autour de Tito en Yougoslavie, à la Conférence de Belgrade (1961) lancent le mouvement qui se définit comme un refus du système des blocs et l'organisation bi-polaire du monde : c'est la volonté d'échapper à l'emprise des USA comme de l'URSS.

-   Les pays membres regroupent outre les pays présents à Bandoung : Inde, Egypte,    Indonésie, la péninsule d'Arabie, une grande partie de l'Afrique, l'Ouest de l'Amérique du sud ..Un ensemble en fait très hétérogène et qui le sera de plus en plus (101pays en 1989, à la dernière conférence). Une minorité pro-soviétique très active (Cuba, Vietnam) discréditera le mouvement...

 

Ces trois raisons qui viennent chambouler la donne entre les deux blocs installés après guerre vont inciter les deux Grands à plus de prudence tant sur le plan idéologique que sur le plan de l'action : on en est à la tactique de la "réponse graduée"à la place des "représailles massives"

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Publié dans Cours

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