DECOLONISATION ET RELATIONS INTERNATIONALES 3
IV) LE MOYEN-ORIENT : deux peuples, une seule terre…
Rappels : trop d'histoire et de géographie !
* Moyen-Orient : de l'Egypte à l'Iran, de l'ouest vers l'est ;
* De la Turquie à l'Arabie, du nord au sud.
* Berceau de nombreuses civilisations et religions, qui ont coexisté et/ou se sont succédées ;
* Foyer permanent de conflits depuis la fin de la guerre et la décolonisation (ancien Empire ottoman).
Le problème palestinien :
Après la 2ème guerre mondiale et la découverte de l'Holocauste, l'ONU tergiverse pour "donner un foyer à la nation juive" , selon la déclaration Balfour (1917) : une résolution prévoit le partage de la Palestine entre ces 2 composantes de peuplement ; mais l'assemblée internationale se voit prise de court par David ben Gourion qui proclame l'Etat d'Israël en Palestine, le 14 mai 1948.
A) Les thèses en présence :
* Israël proclame le droit au retour des Juifs à Jérusalem, au nom de l'histoire et de la Bible ; ils demandent réparation pour la Shoa. En effet, le peuple juif a été chassé de Terre sainte en 135 après JC, par les Romains contre lesquels ils s'étaient une fois de plus révoltés : c'est la diaspora. Persécutés par les chrétiens tout au long de leur histoire, ils rêvent du retour à "la Terre promise".
* les Palestiniens se considèrent comme victimes d'une invasion : arabes, musulmans, pour eux Israël est une puissance colonisatrice ; ils sont soutenus dans ce conflit par les états arabes voisins.
NB : problème supplémentaire : Jérusalem est ville sainte pour les 3 religions du Livre !
B) l'impasse :
* la suprématie militaire d'Israël s'impose d'emblée : 5 guerres victorieuses ont pour conséquence le doublement du territoire d'Israël et Jérusalem devient capitale de l'état. 25% du budget de cet état grand comme 3 département français sont dévolus à la défense.
1948-49 : première guerre israélo-arabe : Israël signe des accords de cessez-le-feu avec l'Égypte, le Liban, la Jordanie et la Syrie. L'état israélien occupe alors 70% de la Palestine, soit 50% de plus que ce que l'ONU lui avait alloué. Les frontières de cet état, tracées par les Israéliens, sont par la suite connues sous le nom de " Ligne Verte ". La Bande de Gaza et la Cisjordanie sont occupées respecti-vement par l'Égypte et la Jordanie.
Plus de 100 000 (200 000 ?) réfugiés palestiniens quittent la Palestine pour les pays amis voisins.
Chronologie succincte :
▪ 1947 Plan de partage de la Palestine
▪ 1948-49 Guerre israélo-arabe de 1948
▪ 1956 Crise du canal de Suez
▪ 1967 Guerre des Six Jours
▪ 1968-70 Guerre d'usure à la frontière israélo-égyptienne
▪ 1973 Guerre de Kippour
▪ 1978 Accords de Camp David
▪ 1982 Guerre du Liban
▪ 1987 Début de la Première Intifada
▪ 1991 Guerre du Golfe
▪ 1993 Accords d'Oslo
▪ 2000 Retrait israélien unilatéral du Liban Sud
▪ 2000 Sommets de Camp David II et de Taba, puis début de la Seconde Intifada
▪ 2003 Feuille de route pour la paix et Initiative de Genève
▪ 2005 Application du Plan de désengagement des territoires occupés …
* la réponse palestinienne : en face, les Palestiniens sont inorganisés et ne constituent pas une nation, au sens strict du mot.
- 1964 : Yasser Arafat crée l'OLP, qui utilise l'arme du terrorisme…
- 1974 : L'ONU reconnaît le droit des Palestiniens.
* 1977 : l'Egypte ( Sadate) signe une paix séparée avec Israël : les Palestiniens perdent un de leurs principaux soutiens.
C) le drame du Liban
* Ce pays compte une multiplicité de communautés de cultures et de religions différentes : ils le vi-vent comme une richesse plutôt que comme un handicap ; on parle de "Suisse de l'Orient" ; une longue tradition de commerce (25 siècles au bas mots !) en fait un pays riche et multiculturel.
* De nombreux Palestiniens, chassés d'Israël par la guerre, se sont installés au Liban, dans des condi-tions précaires;
* 1975 : des heurts se produisent entre Palestiniens réfugiés et milices chrétiennes : la guerre civile éclate, encouragée par de multiples interventions extérieures : la Syrie qui revendique plus ou moins le territoire libanais, l'OLP, Israël, le Hezbollah chiite pro-syrien et pro-iranien …
Beyrouth, la capitale du Liban est détruite, l'ONU plus ou moins mis hors jeu et de nombreux Libanais prennent le chemin de l'exil…
4) la guerre Iran-Irak 1980-1988
1980 : Irak, pays laïc sous la dictature de Saddam Hussein, attaque l'Iran de l'ayatollah Khomeiny, intégriste musulman. On va chercher des justifications historiques ou religieuses pour couvrir une tentative de mainmise de Saddam Hussein sur le pétrole iranien !
ð l'affaire est promptement fanatisée pour l'Iran : c'est le djihad, la guerre sainte contre l'impie ; pour Saddam Hussein, c'est une guerre préventive contre ce voisin arrogant : la guerre des Arabes (Irakiens) contre les Perses (Iraniens)…
ð un million de morts plus tard, la victoire reste indécise…
1988 : l'ONU obtient le cessez-le-feu ;
On remettra ça en 1990 avec la guerre du Golfe…
CONCLUSION :
Le XXème siècle se termine plutôt mal : la guerre froide, qui a été un facteur paradoxal d'équilibre entre les vainqueurs de la 2ème guerre mondiale, a aussi été pour les pays du Tiers-monde une période peu sûre pour des raisons qui souvent s'additionnent :
* la renaissance des nationalismes dans les pays décolonisés,
* la guerre d'influence des 2 Grands qui distribuent les armes sans états d'âme (et sans penser aux conséquences à moyen et long terme),
* la montée des intégrismes etc…
La décolonisation rapide a mis les nouveaux états -- sans expérience et sans préparation – à la merci de dictateurs peu scrupuleux envers des états souvent potentiellement riches.
Il faut rajouter une crise d'identité de ces pays, dessinés sur la carte sans précautions, qui sollicitent l'histoire et la religion, pour satisfaire les ambitions de quelques-uns.
Le résultat : des millions de morts, des millions de réfugiés, et le réveil de démons qu'on croyait définitivement éliminés.