La crise de 1929 et ses conséquences (3) 01/10/08
III - LA LUTTE CONTRE LA CRISE
Il y aura peu d'accords internationaux, sauf sur la réduction des productions (blé, sucre, caoutchouc) qui, d'ailleurs, ne seront pas respectés. Chaque état va se trouver réduit à faire face à la crise, seul.
1) le New Deal aux USA : ce pays est le moteur de l'économie mondiale : le président Hoover, républicain, n'a pu résoudre la crise ; son successeur, Franklin Delano Roosevelt, un démocrate élu en 1932, lance « la nouvelle donne » : on redistribue les cartes ...
Il s'agit d'un ensemble de mesures visant à :
- répartir autrement le revenu national,
- assurer la stabilité économique en augmentant le pouvoir d'achat,
- réglementer la concurrence,
- contrôler la production,
NB : Ce programme est en totale contradiction avec le credo libéral capitaliste ( « Laisser faire, laisser passer »), mais on n'a pas le choix!
L'Etat fédéral prend les affaires en mains :
* le dollar est dévalué de 40% pour stimuler les exportations; par le fait, les dettes sont diminuées d'autant.
* le chômage est au centre d'une politique de secours et de grands travaux financés par l'Etat: la vallée du Tennessee va être aménagée par la construction de barrages qui fourniront électricité et irrigation, en fournissant un emploi aux chômeurs. Un organisme fédéral, la Tennessee Valley Authority mène ce programme.
* l'agriculture est aidée par le subventionnement des prix agricoles et l'améliora tion de la vie des paysans, mais en contrepartie la production est limitée (AAA: Agricultural Adjustment Act).
* on réorganise l'industrie : on empêche la baisse des prix et on améliore la condition ouvrière en abaissant la durée hebdomadaire du travail, en garantissant un salaire minimum et les libertés svndicales (HlRA: National lndustrial Recoverv Act)
Résultats
L’agriculture reste en crise ; l’industrie ne se remettra qu’avec l’effort de guerre américain en 42-44. Le capitalisme américain a changé de caractère : la liberté absolue en matière économique est limitée par les interventions fédérales.
2) l'Europe ne fait preuve d'aucune solidarité et prend plus ou moins les mêmes mesures que les Etats-Unis.
Le mauvais exemple britannique : en 1931, la livre britannique n'est plus convertible en or. Le libre échange, pourtant à la base de la richesse anglaise, est abandonné au profit du système dit de « la préférence impériale» par le travailliste MacDonald : le Commonwealth devient, de fait, une union douanière (les droits de douane sont moins élevés pour les produits en provenance des Dominions)
la déflation est à l'ordre du jour : on retire une partie des billets en circulation pour diminuer la masse monétaire ; en théorie, la monnaie gagne en valeur ; mais la baisse des prix et des salaires fait baisser le pouvoir d'achat. En pratique, ni Hoover aux USA, ni Brüning en Allemagne, ni Laval en France n'ont eu de résultats concluants : ils n'ont réussi qu'à augmenter le mécontentement général.
* on lutte contre la surproduction comme un peu partout dans le monde : en arrachant les vignes en France contre des subventions, ou en réduisant les surfaces cultivées. L'exemple du Brésil est célèbre : on brûle le café dans les locomotives à la place du charbon !
3) les paris totalitaires
* L'Allemagne et le Japon créent des industries de guerre et imposent un service armé, ce qui crée des emplois et une production payés par l'Etat. A quoi cela va-t-il servir ?
* L'Italie inaugure aussi une politique de grands travaux : autoroutes, aqueducs, assèchement des marais...
Certains vont même jusqu'à vivre en circuit fermé (autarcie) pour éviter d'importer : c'est le cas de l'Allemagne qui fabrique des produits de remplacement (ersatz), ce qui donne un coup de fouet à l'industrie chimique.
Cette politique n'est pas sans inquiéter les Etats voisins...