La crise de 1929 et ses conséquences (2) [01/10/08]
II - LES MANIFESTATIONS DE LA CRISE
1) l'aspect financier
> Tout commence par une panique boursière à Wall Street (USA) : le 29 Octobre, avec la baisse des cours et la chute des profits, tous les spéculateurs vendent; l'afflux massif des offres de vente provoque l'effondrement des cours.
Exemple : en septembre, l'indice du cours des titres est de 381 ; en novembre, il ne sera plus que 198.
Le 24 Octobre ( le « Jeudi noir ») les titres ne trouvent plus preneurs : c'est le krach boursier !
> La crise bancaire s'étend à tout le système américain : les banques retirent leurs
avoirs
déposés dans d'autres banques, de telle sorte que les faillites se succèdent en cascade. .
Le gouvernement américain devra faire stopper toute transaction pendant quelques jours, en 1933, pour calmer le jeu.
2) la crise économique et sociale
L'Américain moyen ne possède plus que du papier sans valeur, à la place de titres boursiers, mais il doit toujours rembourser ses crédits ; les faillites se multiplient ; le nombre des chômeurs augmente (25% de la population active en 1933). Les stocks augmentent, faute de crédit et d'acheteurs ; les prix baissent et font chuter la production industrielle et agricole. A tous les niveaux, on est en cessation de paiement ; la crise agricole s'y ajoute, car la production agricole n'est pas facile à stopper : d'où des excédents en blé, vin, sucre dont les prix s'effondrent (de 70% en moyenne). Les paysans sont ruinés ; ils hypothèquent leurs terres auprès des banques qui les en chasseront : ce phénomène favorise la concentration des terres aux mains de non-paysans. C'est le thème des « Raisins de la colère » de Steinbeck.
Cette situation déclenche des marches de la faim, tant aux USA qu'en Grande-Bretagne ; des bidonvilles, rebaptisés« Hoovervilles» (du nom du Président des Etats-Unis) fleurissent sur tout le territoire américain.
3) extension de la crise au monde entier
En 1933, le monde compte 30 millions de chômeurs et plus 10 millions de chômeurs partiels.
* les premiers touchés sont les vaincus de 14-18 (Autriche, Allemagne, Europe centrale) qui ont le plus profité des capitaux américains pour leur redressement économique ; le brutal rapatriement de ces capitaux occasionne la faillite en chaîne des banques. En Allemagne, la faillite bancaire entraîne l'arrêt de la production : 33% de la population active est touchée par le chômage. La métallurgie produit, en 1932, trois fois moins qu'en 1929.
* les grands pays industrialisés (Royaume-Uni, France) : la Grande Bretagne, très liée au commerce US manque de commandes et ses exportations chutent ; en 1931, elle compte 2,6 millions de chômeurs, soit 25% de la population active.
La France, moins ouverte sur le monde, connaît une crise moins grave qu'ailleurs et qui ne se fera sentir qu'après 1931. Les prix agricoles baissent à cause de la dévaluation de la livre et du dollar ; les exportations deviennent plus difficiles, car les prix sont moins compétitifs. L'industrie, en 1932, ne représente plus en valeur que 72% de la production de 1929 ; le chômage augmente : en 1933, on compte un million et demi de chômeurs. D'autre part, les Allemands cessent. de payer les réparations pour dommages de guerre; or, ces sommes permettaient à la France de rembourser les prêts des USA qui réclament leur dû : à ce stade, s'ajoute un problème politique.
* Même les pays neufs sont touchés : ils n'arrivent plus à vendre leurs matières premières.