La Guerre Totale (2) [22/10/08]
II- LA VASSALISATION DES VAINCUS ET LA « SOLUTION FINALE »
La 2ème guerre mondiale est aussi la première au cours de laquelle s’affrontent des idéologies.
a) L’exploitation humaine
Les populations vaincues sont considérées comme constituées de “sous-hommes” par les nazis ; ces Untermenschen sont donc taillables et corvéables à merci.
- gouvernées directement de Berlin ou par un “Gauleiter”, c’est-à-dire un chef de district nazi, elles pouvaient aussi être administrées par les militaires occupant leur territoire.
ex : le territoire français connaissait les 3 situations :
- le Nord rattaché à la région militaire de Belgique ;
- la région parisienne et Paris gouvernée par un Gauleiter ;
- l’Alsace-Lorraine rattachée directement à Berlin.
- dans tous les cas, se met en place une politique d’élimination des élites, surtout en Europe de l’Est : la Pologne est particulièrement touchée ; sur 35 millions d’habitants recensés en 1939, on comptera 6 millions de morts ; à tel point que le néologisme “polonisation” désigne une vague d’exactions et d’exécutions sommaires. Pour être complet dans ce cas précis, il faut ajouter les exactions de l’Armée rouge à celle des nazis...
- on retrouve la même attitude de mépris pour la personne humaine au long des conquêtes japonaises, en Corée, en Chine etc : expériences scientifiques à grande échelle et prostitution forcée massive...Bien entendu, aucun respect des Conventions de Genève sur le traitement humain des prisonniers de guerre.
b) la “collaboration d’Etat”:
* certains régimes étaient plus ou moins prêts à collaborer avec l’Allemagne ou le Japon ; dans le but de germaniser l’Europe ou de créer le “Dai Nippon”, l’Axe peut utiliser l’appareil d’état déjà existant : l’administration, la justice, la police, etc. Ce fut le cas du Danemark, avec le roi Christian X, de la Slovaquie de Monseigneur Tiso, de la Serbie, de la Grèce et ... de “l’Etat français” proclamé par Pétain.
Ces conservateurs jouent le plus souvent la carte de la collaboration par calcul, en espérant se tirer de ce mauvais pas sans trop de casse pour leur pays : pari perdu !
La deuxième raison est un anti-bolchévisme viscéral : l’expérience soviétique fait peur aux classes possédantes ; c’est ce qui poussera la Norvège dans les bras des nazis, sous la houlette de Quisling.
* dans le cas du Japon, il s’agit ni plus ni moins d’une conquête coloniale où l’aspect principal est d’ordre économique ; d’autre part, le côté nationaliste au sens large, permet aux Japonais de s’affirmer sans rire les libérateurs des peuples qu’ils envahissent : les Asiatiques chassent les colonisateurs européens (cf. en Indochine)... pour occuper la place et mettre ces pays en coupe réglée pour leur plus grand profit.
* Le Reich n’est pas non plus désintéressé sur le plan économique :
il impose un tribut : - en hommes : le nazi Sauckel impose le STO (Service du Travail Obligatoire), dès 1942, soit 7 millions d’hommes prélevés sur toute l’Europe jusqu’à la fin des hostilités.
- en matières premières : 1/5 de la production agricole française
- en matériel de guerre : les Allemands se sont bien gardés de détruire l’outil industriel des vaincus ; au contraire, ils l’ont préservé pour le faire tourner à leur avantage. Camions, moteurs, cellules d’avions sont dirigées vers le Reich, sur la requête du ministre Speer. Les réquisitions en matériel vont jusqu’au démontage pur et simple des usines qui prennent alors le chemin de l’Allemagne.
- en argent ou selon la terminologie nazie “frais d’occupation”!
La contribution des pays occupés correspond à 40% des besoins de l’Allemagne en 43.
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c) la « solution finale »
- la première étape consiste à terroriser les populations ; on a déjà dit que les règles de la guerre n’étaient pas respectées, surtout sur les fronts russes et chinois (Convention de Genève). La Croix Rouge ne peut aller partout. Les prisonniers de guerre sont cantonnés en stalags et oflags , et soumis la plupart du temps au travail forcé. Rafles et arrestations sont courantes, perpétrées par la toute puissante Gestapo qui pratique couramment la torture et pousse les populations à la délation.
- les camps de concentration sont un instrument d’élimination des adversaires du régime : les Japonais l’utiliseront comme les Allemands qui visent surtout les “asociaux” (malades mentaux, handicapés, parasites...), les communistes et les “terroristes” c’est-à-dire les résistants de tous les pays occupés...
- le cas des Juifs et des Tziganes est particulier : Hitler confia à Himmler l’élimination quasi scientifique et industrielle de ces deux populations qu’il considérait comme inférieures et causes de tous les malheurs de l’Allemagne. Les pays occupés ont adopté des législations anti-sémites dès 1940 et les convois d’hommes, femmes et enfants se sont succédés vers les camps de la mort jusqu’à l’arrivée des Alliés. C’est là ce qu’Hitler avait mis sous le nom de code “solution finale”: près de 7 millions de morts...
CONCLUSION l’enjeu idéologique de cette guerre :
*il s’agit pour les Allemands et les Japonais d’imposer le totalitarisme et la terreur sur la planète, pour des raisons diverses (ambition personnelle pour Hitler, nationalisme exacerbé et nécessités économiques pour les Japonais).
* le rêve secret de Staline est d’en faire autant avec le communisme...
* les Alliés de l’Ouest, qui collaborent avec l’URSS dans ce cas précis, veulent élargir leur influence et étendre libéralisme et démocratie (cf. la Charte de l’Atlantique 1941).
L’Allemagne et le Japon hors de combat, les deux autres risquent bien de s’opposer pour la domination mondiale, mais cette fois-ci la guerre restera froide !